L’association allemande de journalisme attise la peur √† propos de l’initiative Apple CSAM

Un syndicat de journalistes allemands a demand√© √† la Commission europ√©enne d’intervenir sur les outils CSAM d’Apple, estimant que le syst√®me sera utilis√© pour collecter des informations de contact et effectuer d’autres intrusions.

Les outils CSAM d’Apple, destin√©s √† aider √† lutter contre la propagation d’images ill√©gales d’enfants, ont suscit√© la controverse tout au long du mois d’ao√Ľt, alors que les critiques les proclament comme un affront √† la vie priv√©e. Le dernier groupe √† avoir d√©nonc√© la pr√©tendue menace est, curieusement, les journalistes d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse.

Le syndicat de journalistes DJV, repr√©sentant les √©crivains du pays, estime qu’Apple ¬ę a l’intention de surveiller les t√©l√©phones portables localement √† l’avenir ¬Ľ. Dans un communiqu√© de presse, le syndicat qualifie ces outils de “violation de la libert√© de la presse” et exhorte la Commission europ√©enne et les ministres f√©d√©raux autrichiens et allemands de l’Int√©rieur √† prendre des mesures.

Selon le porte-parole de l’association des √©diteurs publics AGRA, Hubert Krech, Apple a introduit “un outil avec lequel une entreprise souhaite acc√©der √† d’autres donn√©es utilisateur sur leurs propres appareils, tels que des contrats et des documents confidentiels”, ce qui est consid√©r√© comme une violation des r√®gles du RGPD.

Frank Uberall, pr√©sident du DJV, ajoute que cela pourrait √™tre la premi√®re √©tape de plusieurs. ¬ę¬†Est-ce que des images ou des vid√©os d’opposants au r√©gime ou des donn√©es d’utilisateurs seront v√©rifi√©es √† un moment donn√© √† l’aide d’un algorithme¬†?¬†¬Ľ demande Uberall.

Le porte-parole du conseil de r√©daction de l’ORF, Dieter Bornemann, offre une perspective plus pr√©cise, sugg√©rant qu’un gouvernement pourrait rechercher des images qui pourraient prouver que l’utilisateur est impliqu√© dans la communaut√© LGBT. On craint √©galement que les √Čtats totalitaires ne profitent des capacit√©s suppos√©es du syst√®me.

Le groupe rejette √©galement l’affirmation selon laquelle il ne s’appliquera qu’aux √Čtats-Unis, car la plupart des m√©dias europ√©ens ont des correspondants dans le pays. En outre, on pense que ¬ę ce qui commence aux √Čtats-Unis suivra certainement en Europe √©galement ¬Ľ, d√©clare le DJV.

Préoccupation déplacée

Alors que l’inqui√©tude de voir les smartphones espionn√©s par les gouvernements et les agences de s√©curit√© peut √™tre fond√©e dans certains cas, comme dans le cas du scandale d’espionnage de Pegasus, il semble que DJV va trop loin avec ses affirmations sur les outils CSAM d’Apple.

Cela est d√Ľ en partie √† la nature du syst√®me CSAM d’Apple. Une partie implique une analyse des hachages d’images stock√©es sur iCloud Photos, v√©rifi√©es par rapport √† une base de donn√©es d’images CSAM existantes, plut√īt que d’examiner l’image elle-m√™me.

La deuxi√®me partie est un syst√®me d’apprentissage automatique sur l’appareil pour les comptes enfants qui ont acc√®s √† iMessage, un syst√®me qui ne se compare pas aux bases de donn√©es CSAM. Dans cet √©l√©ment, le syst√®me ne rel√®ve pas d’Apple, mais uniquement du compte de gestionnaire de partage familial parental.

Suite au toll√© initial du public et des critiques, ainsi qu’√† une vision d√©form√©e des capacit√©s du syst√®me √† √™tre potentiellement utilis√© par les gouvernements √† des fins de surveillance, Apple a tent√© de remettre les pendules √† l’heure concernant les outils, avec un succ√®s manifestement limit√©.

Le chef de la confidentialit√© d’Apple, Erik Neuenschwander, a expliqu√© que le syst√®me de d√©tection CSAM comporte de nombreux √©l√©ments pour emp√™cher un seul gouvernement d’en abuser. Apple a √©galement publi√© des documents d’assistance expliquant le syst√®me plus en d√©tail, ce qu’il fait et comment il est prot√©g√© des interf√©rences.

Le vice-pr√©sident principal de l’ing√©nierie logicielle d’Apple, Crag Federighi, a d√©clar√© vendredi que la soci√©t√© avait eu tort de publier les trois fonctionnalit√©s de protection de l’enfance en m√™me temps, ce qui a conduit √† une √©valuation ¬ę¬†br√Ľl√©e¬†¬Ľ et ¬ę¬†largement mal comprise¬†¬Ľ du syst√®me.

“Je vous l’accorde, avec le recul, l’introduction de ces deux fonctionnalit√©s en m√™me temps √©tait une recette pour ce genre de confusion”, a d√©clar√© Federighi. ¬ę¬†C’est vraiment clair que beaucoup de messages se sont m√©lang√©s assez mal. Je crois que la petite phrase qui a √©t√© diffus√©e t√īt √©tait¬†: “Oh mon dieu, Apple scanne mon t√©l√©phone √† la recherche d’images”. Ce n’est pas ce qui se passe. ¬Ľ